Depuis 2000, les émissions augmentent quatre fois plus vite que durant la décennie 1990
L’activité politique, réglementaire, diplomatique et technologique entourant les changements climatiques est étourdissante.
Ce foisonnement d’initiatives et de rhétorique n’arrive toutefois pas à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) mondiales. Au contraire, leur croissance s’est multipliée par quatre depuis 2000, si on compare avec la décennie précédente !
C’est l’un des éléments forts du rapport 2007 du Global Carbon Budget (GCB), produit par des éminents spécialistes internationaux. Leur travail se veut complémentaire à celui du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), la référence en la matière, qui toutefois ne publie pas de bilans annuels sur les émissions de GES.
Un bond surprenant
La croissance annuelle des émissions était de 0,9 % entre 1990 et 1999, mais elle est passée à 3,5 % pour la période 2000 à 2007. Les émissions mondiales sont maintenant 38 % plus élevées qu’elles ne l’étaient en 1990, l’année de référence du Protocole de Kyoto.
Ce bond dépasse même les prévisions pessimistes du GIEC, qui prévoyaient une hausse de 2,7 % par année sur la même période.
Selon le GCB, cette augmentation est largement attribuée (65 %) à la croissance économique mondiale. Environ 17 % de la hausse des émissions serait imputable au recul de l’ « efficacité-carbone » de l’économie, c’est-à-dire qu’il faut émettre aujourd’hui plus de GES pour obtenir un dollar de PIB qu’en 2000.
Cette régression est due à la construction de nombreuses centrales au charbon en Chine, la plupart dotée d’une technologie vétuste. Même si la Chine a elle-même améliorée son « efficacité-carbone » depuis 1990, son économie qui prend de l’expansion à la vitesse grand V a effacé ces gains relatifs.
La déforestation dans les pays tropicaux contribue également aux émissions de GES dans l’atmosphère. Environ 1,5 milliard de tonnes de GES se sont ainsi ajoutées aux 8,5 milliards émis par les activités reliées à l’énergie.
Le GCB se base sur les inventaires nationaux de GES pour établir son bilan annuel. Ces inventaires sont jugés fiables à 10 %, cette marge d’erreur atteignant 20 % pour la Chine.
Une autre façon plus fiable de vérifier les émissions de GES mondiales est de mesurer la concentration atmosphérique de dioxyde de carbone (CO2), qui dépasse maintenant de 37 % le taux observé avant la révolution industrielle du 18e siècle.
Pour aller plus loin :
www.globalcarbonproject.org Global Carbon Budget 2007
Escaravage
Commentaire mis en ligne le 28 septembre 2008Le alarmes ne cessent de retentir et bien peu de nos décideurs s'en soucient vraiment. Pire, certains se satisfont des alibis de solutions technologiques telles que la captation-séquestration de carbone, dont l'efficacité d'ailleurs douteuse, de l'avis des scientifiques indépendants du lobby du charbon, ne sera pas effective avant 2030.C'est pourtant dans ce contexte de catastrohe imminente que des investisseurs envisagent l'ouverture dans la Nièvre d'une mine de charbon couplée à une centrale thermique.