Plusieurs fabricants automobiles et producteurs d’électricité concluent des alliances
Après cent ans de vie commune avec le pétrole, l’industrie automobile multiplie les ententes avec les producteurs d’électricité dans le but de préparer la venue prochaine de la voiture électrique. Une pénible séparation qui devrait durer des décennies ouvre toutefois la porte à une nouvelle relation pleine de potentiel.
Seulement cette semaine, General Motors a annoncé une entente avec un regroupement de producteurs d’électricité, dont fait partie Hydro-Québec, et Nissan a dévoilé un accord avec l’un des grands services publics américains, le Tennessee Valley Authority (TVA).
Dans les deux cas, l’objectif est d’évaluer comment des millions de voitures électriques affecteront le réseau électrique et quelles modifications doivent y être apportées.
Il faudra notamment développer des standards afin que toutes les voitures s’arriment de la même manière au réseau électrique, qui lui devra devenir plus « intelligent ».
D’importantes démarches sont déjà engagées en ce sens par le secteur de l’électricité, indépendamment de la voiture électrique. La tarification modulée selon l’horaire nécessite notamment l’installation de compteurs intelligents, qui seront très utiles à l’intégration d’une flotte de voitures électriques au sein du réseau.
À plus long terme, les voitures pourraient agir comme système de stockage géant pour le réseau électrique. Une infrastructure électrique plus avancée permettrait une communication entre le réseau et la voiture électrique, et l’électricité pourrait être transportée dans les deux sens, augmentant d’autant plus la flexibilité des réseaux électriques nord-américains.
L’Electric Power Research Institute (EPRI), qui a conclu l’entente avec GM, travaille déjà avec d’autres constructeurs automobiles. Hydro-Québec, en tant que membre de l’EPRI, travaille depuis 2007 dans ce dossier avec d’autres partenaires nord-américains du secteur électrique, précise Flavie Côté, porte-parole de la société d’État québécoise.
De son côté, Nissan travaillera avec la TVA afin entre autres d’étudier le développement de stations de recharge qui s’inspireraient du réseau de stations-services.
L’entreprise japonaise a par ailleurs signalé hier qu’elle allait non seulement offrir une voiture 100 % électrique sur le marché américain en 2010, mais qu’elle serait abordable et rentable pour Nissan.
GM a récemment avoué qu’elle prévoyait vendre la Volt à perte durant les premières années, même si le constructeur à révisé à la hausse le prix de la voiture, qui tournerait maintenant autour de 45 000 $US, plutôt que les 25 000 $US prévus initialement.
Ces ententes, et d’autres signées par Toyota et Ford avec des producteurs d’électricité, dénotent le sérieux de l’intérêt des manufacturiers envers la filière électrique.
Pour aller plus loin:
www.freep.com Detroit Free Press: Nissan partners with Tennessee to promote electric cars
www.nytimes.com The New York Times: Nissan Says Electric Cars Will Be Quickly Profitable
image.emerald.gm.com Communiqué : General Motors and Electric Utility Industry Launch Major Collaboration to Commercialize Plug-in Vehicles