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Des avions vides s’envolent : une question d’argent

Plutôt que d’annuler des vols, des entreprises effectuent des vols fantômes

par Alexis Beauchamp
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Texte mis en ligne le 17 juillet 2008 à 11:39
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Des avions vides s’envolent : une question d’argent
Les transporteurs doivent utiliser leur plage-horaire à un taux minimum de 80 %, sans quoi ils perdront leur prérogative. photo: Prestige-car-travel.co.uk
Des avions vides s’envolent : une question d’argent
Plutôt que d’annuler des vols, des entreprises effectuent des vols fantômes
Alors que les coûts de carburant sont plus élevés que jamais, des transporteurs aériens britanniques prévoient que plusieurs de leurs vols décolleront… même si seulement une poignée de passagers sont à bord.
Plusieurs groupes environnementaux décrient cette approche, Friends of the Earth la dénonçant comme du « vandalisme écologique ». Des milliers de litres de kérosène seront consommés par chacun de ses vols, entraînant inutilement des émissions selon ces ONG.

Or cette situation est spécifique à l’aéroport d’Heathrow, en Angleterre, le terminal le plus utilisé d’Europe (4e au monde). Plus de 1300 avions décollent et atterrissent quotidiennement à Heathrow, souligne le Times de Londres.

Cette activité est telle qu’il coûte extrêmement cher de s’assurer un droit de décollage et d’atterrissage, une « slot » dans la langue de Shakespeare. Les meilleures plage-horaires vaudraient entre 50 et 60 millions de dollars (25-30 millions £).

Les transporteurs doivent utiliser leur plage-horaire à un taux minimum de 80 %, sans quoi ils perdront leur prérogative. Autrement dit, ils peuvent annuler un maximum de 20 % de leurs vols.

Ils préfèrent donc accuser de petites pertes à chaque vol déficitaire plutôt que de concéder la plage-horaire en question.

Cette façon de procéder entraîne toutefois des émissions de GES, qui sont difficilement justifiables d’un point de vue environnemental. Certes, les avions sont difficilement remplaçables pour faire un trajet New York-Londres, mais un avion vide ?

Le gouvernement britannique affirme réfléchir à une réforme du système d’allocation des plage-horaire d’Heathrow, peut-être en les accordant périodiquement au plus soumissionnaire. De cette manière, seuls les vols les plus pleins, donc les plus rentables, seraient susceptibles de décoller.

Pour aller plus loin :

www.timesonline.co.uk Planes ‘fly empty’ to keep slots at Heathrow

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