La Suisse est le pays le plus « performant » d’un point de vue environnemental, selon un classement réalisé par deux des meilleurs programmes universitaires en environnement aux États-Unis.
L’Indice de performance environnementale (IPE), ou Environmental Performance Index, est le fruit du labeur du Center for Law and Environmental Policy de l’Université Yale et du Center for International Earth Science Information Network basé à l’Université Columbia.
L’IPE compare près de 150 pays grâce à 25 indicateurs environnementaux, regroupés en six catégories : santé environnementale, pollution atmosphérique, ressources hydriques (eau), biodiversité et habitat, ressources naturelles « productives » et changements climatiques.
Outre la Suisse, les pays scandinaves occupent sans surprise les positions 2 à 4 (Norvège, Suède et Finlande). On retrouve toutefois le Costa Rica en cinquième position, la biodiversité extraordinaire de ce pays ayant grandement contribué à un classement aussi élevé.
Les richesses naturelles du Canada ont pour leur part permis de compenser partiellement pour ses importantes émissions de GES per capita. Se trouvant au douzième rang mondial, le Canada est plutôt en milieu de peloton dans sa catégorie de revenus par habitant, soit la plus élevée des dix compilées par l’IPE.
Il existe évidemment une corrélation entre la richesse des pays et leur performance, mais celle-ci n’est pas parfaite.
En effet, les États-Unis (38e), l’Australie (46e) et les Pays-Bas (55e) sont également dans le premier décile des revenus per capita, mais leur performance n’est pas reluisante.
En comparaison, la Lettonie et la Colombie se classent dans le TOP 10 mondial, selon l’IPE.
Parmi les autres pays importants, on retrouve la France au 10e rang, le Japon au 21e, la Chine au 105e et l’Inde en 120e position.
Les chercheurs avouent d’entrée de jeu que cet exercice est imparfait, notamment à cause de la fiabilité et de la disponibilité des données environnementales, particulièrement dans les pays en développement. Le choix et la pondération des indicateurs laissent également parfois à désirer.
La présence de la Russie au 28e rang, malgré ses déchets nucléaires et la réglementation presqu’inexistante de ses déchets industriels, a notamment de quoi laisser perplexe. L’un des auteurs de l’index affirme d’ailleurs qu’il croit que la Russie traficote ses données environnementales.
Indépendamment de la valeur actuelle de l’IPE, l’exercice permet de comparer la performance des pays sous un autre jour que celui du PIB. D’ailleurs, face au simplisme du PIB, les imperfections de l’IPE apparaissent comme un point de départ intéressant plutôt qu’une finalité fautive.
Pour aller plus loin :
epi.yale.edu Environmental Performance Index
www.newsweek.com Newsweek: Green Countries