Greenpeace Québec est officiellement passé dans l’ère post-Steven Guilbeault, alors que le vétéran Éric Darier a été nominé comme directeur de la filiale québécoise de l’organisation écologiste.
M. Darier s’occupe depuis des années de la campagne agriculture à Greenpeace Québec, responsabilité qu’il conservera avec son nouveau titre de directeur.
Détenteur d’un doctorat en étude politique de l’Université McGill, M. Darier a enseigné durant plus de quinze ans dans des universités au Canada et en Europe.
En entrevue avec visiondurable.com, il souligne que les choses vont très bien pour Greenpeace Québec, qui compte 32 000 membres, soit près de 40 % des membres canadiens de l’organisation.
« Lorsque j’ai commencé au début des années 2000, il y en avait seulement quelques milliers », précise-t-il.
Selon lui, cette croissance est due au travail de Greenpeace mais également au fait que les citoyens sont beaucoup plus sensibles aux problématiques écologiques.
Cellules locales
Le nombre d’employés de Greenpeace Québec a donc doublé au cours des dernières années, et de nombreux bénévoles s’impliquent également.
M. Darier veut d’ailleurs importer un concept présent en Europe, qui consiste à établir des groupes locaux semi-autonomes de volontaires.
« Beaucoup de gens veulent s’impliquer, et certains ne peuvent contribuer financièrement aux activités de Greenpeace. C’est un bon moyen de le faire », explique-t-il.
Une vingtaine de ces cellules existent en France, et environ 80 en Allemagne.
Selon lui, le plus grand défi environnemental des prochaines années au Québec sera d’arrimer les politiques gouvernementales et les agissements des entreprises à l’opinion publique, très sensibilisée selon lui.
« Or c’est très difficile, changer des politiques qui existent depuis des années, et qui reposent sur des décisions prises collectivement », prévient M. Darier.
Ces changements sont toutefois nécessaires afin d’opérer un changement de paradigme, une nécessité pour s’orienter vers « un vrai développement durable », ajoute-t-il.
Il cite en exemple les mesures prises pour limiter la présence de phosphates dans les produits domestiques en 2010.
« Les gouvernements cherchent souvent des mesures simples et rapides. Mais dans ce cas-ci par exemple on fait abstraction du fait que 80 % du phosphate qui se retrouve dans les cours d’eau provient du secteur agricole », déplore-t-il.
M. Darier explique finalement que Greenpeace Québec continuera de proposer des solutions locales à des problématiques mondiales, comme les changements climatiques, la « crise » forestière et les questions touchant l’agriculture.
Pour aller plus loin :
www.greenpeace.org Communiqué