L'installation de nouveaux équipements présage-t-elle l’élimination de la consigne ?
Pour beaucoup de gens, déposer les contenants recyclables et les journaux dans les bacs verts n’est plus une corvée. Pour certains, c’est même devenu naturel, au point où d’aucuns se questionnent de plus en plus sur l’absence d’équipements de récupération dans les endroits publics.
Voilà l’une des lacunes à laquelle la Table pour la récupération hors foyer veut pallier en installant près de 1400 équipements de récupération dans 131 villes au Québec.
Cette OSBL, qui regroupe des partenaires des secteurs public, privé et associatif, travaille avec le Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) du Québec afin d’augmenter le taux de récupération en dehors des domiciles.
La Table a été créée en septembre dernier, et est pourvu d’un budget de 6 millions de dollars sur trois ans.
Outre les poubelles à trois voies que l’on verra apparaître sur les voies publiques prochainement, la Table veut également encourager la récupération dans les restaurants, bars et hôtels.
Elle a donc « attesté » 16 entrepreneurs de collecte, ce qui facilitera l’implantation d’un système de récupération des matières recyclables dans ces établissements où le recyclage est souvent aléatoire.
Bye bye consigne ?
Comme le soulignait François Cardinal dans La Presse du 11 juin, la Table pour la récupération hors foyer pourrait jouer un rôle central dans la disparition de la consigne sur les cannettes et les bouteilles.
Le rapport de la Commission des transports et de l’environnement de l’Assemblée nationale sur la gestion des matières résiduelles, publié la semaine dernière, recommande en effet d’abolir la consigne « pourvu que les systèmes de récupération hors foyer » aient démontré leur efficacité.
C’est que le système actuel de consigne compte plusieurs opposants, notamment les supermarchés et dépanneurs, qui doivent gérer le retour des contenants et bouteilles.
Il faut également souligner que la consigne coûte six fois plus cher que la récupération traditionnelle.
En effet, pourquoi ne pas adopter un système unique, où la consigne est chose du passé, remplacée par des installations de recyclage plus nombreuses ?
C’est que le système de consigne, bien que coûteux, donne de bons résultats, particulièrement en ce qui a trait aux bouteilles de bière, qui sont récupérées à 98 %. Les contenants consignés à remplissage unique, comme les boissons gazeuses et les bières dans les contenants d’aluminium, sont pour leur part récupéré à un taux de 72 %, selon Recyc-Québec.
En comparaison, les taux de récupération des contenants non consignés consommés à domicile sont par ordre décroissant : de 74 % pour les boissons alcoolisées, de 57 % pour l’eau, de 45 % pour les jus et de 26 % pour le lait, qui inclut les pellicules de plastique.
Cette comparaison entre la récupération hors foyer de contenants consignés et à domicile de contenants non consignés est toutefois imparfaite. Puisque Recyc-Québec ne possède pas les données hors domicile pour les contenants non consignés, cette juxtaposition donne toutefois un aperçu de la situation.
Consigne ou pas, les projets annoncés par la Table sont un pas dans la bonne direction. Il reste à voir si ces initiatives serviront à mettre la table pour l’élimination de la consigne, ou simplement à augmenter le taux de récupération global au Québec.
Pour aller plus loin :
www.cnw.ca Communiqué de la Table pour la récupération hors foyer
www.tablehorsfoyer.ca Rapport de l’Assemblée nationale sur la gestion des matières résiduelles au Québec
www.tablehorsfoyer.ca Site de la Table
www.cyberpresse.ca Chronique de François Cardinal