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Montréal s’attaque aux matières organiques…si Québec embarque

La ville dévoile un plan 2008-2012 qui prévoit la construction de 16 nouvelles infrastructures, dont huit écocentres

par Alexis Beauchamp
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Texte mis en ligne le 17 avril 2008 à 16:12
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Montréal s’attaque aux matières organiques…si Québec embarque
La ville de Montréal priorise le dossier des matières organiques dans son projet de plan de gestion des matières résiduelles 2008-2012. Photo: Tandridge.gov.uk
Montréal s’attaque aux matières organiques…si Québec embarque
La ville dévoile un plan 2008-2012 qui prévoit la construction de 16 nouvelles infrastructures, dont huit écocentres
Les Montréalais pourront profiter de la collecte sélective des rejets de table…d’ici 2010.
Et encore, la balle sera dans le camp des 34 administrations locales de l’agglomération, qui jugeront du quand et du comment elles organiseront cette collecte, qui constitue le maillon faible de la gestion des matières résiduelles à Montréal et au Québec. En effet, seulement 7 % des matières organiques ont été récupérées en 2006 à Montréal.

Avant tout, Montréal doit cependant convaincre Québec de financer une partie des infrastructures qui permettront de traiter ces matières.

L’administration veut à cette fin construire un centre de compostage fermé en usine, deux centres de digestion anaérobie, deux centres de compostage semi fermé, au coût d’un peu plus de 100 millions.

Même si le plan va de l’avant toutefois, la ville prévoit respecter la cible provinciale d’un taux de récupération de 60 % des matières organiques à l’horizon 2018, soit exactement dix ans après la date limite fixée par Québec dans sa politique 1998-2008.

Voilà l’un des faits saillants du projet de plan directeur de gestion des matières résiduelles dévoilée jeudi par le maire Gérald Tremblay. Un plan qui sera soumis à une consultation publique en mai et juin, avec l’objectif d’adopter un plan définitif à l’automne.

49 mesures

Le plan préparé par la ville contient près de 50 mesures, qui vont de la sensibilisation, à la réduction à la source et au réemploi, en passant par les résidus domestiques dangereux (RDD) et les résidus ultimes.

Parmi les nouveautés à court terme, les Montréalais profiteront d’une collecte des résidus verts (gazon, feuilles mortes, etc.) dès cette année. Il sera d’ailleurs interdit de jeter les rognures de gazon aux ordures au plus tard le 31 décembre 2010.

La ville prévoit également interdire de jeter les RDD avec les ordures ménagères, ce qui inclut les piles usées, les solvants, les huiles usées et leurs filtres. Cette réglementation entrerait en vigueur dès la fin de l’année.

L’administration espère que la multiplication des écocentres, qui passeraient de 6 à 14 en dix ans, répondra à une partie importante des besoins de collecte. La ville veut également étudier la possibilité de lancer un service tarifé de collecte à domicile des RDD, qui serait offert aux personnes à mobilité réduite.

Par ailleurs, Montréal confirme que le tri pêle-mêle deviendra la norme à travers l’île. Les citoyens n’auront plus à trier le papier, le plastique et le métal dans leur bac vert, comme cela se fait dans certains arrondissements.

Parmi les autres annonces, la ville entend construire deux nouvelles infrastructures, sur l’île, qui serviraient à gérer les résidus ultimes.

Avec les autres usines visant à traiter les manières organiques, cette annonce découle de l’intention de la ville de miser sur l’ « autonomie régionale ».

« Nos voisins ne doivent plus subir les inconvénients de nos matières résiduelles, notamment tout le camionnage impliqué par le transport de ces matières, qui a totalisé 85 000 voyages en 2006 », explique le maire Tremblay.

Et maintenant ?

Le maire Tremblay et son bras droit dans le dossier du développement durable, Alan de Sousa, semblent confiants de convaincre Québec de participer financièrement au plan.

« Nous ne pouvons réussir sans la collaboration du gouvernement », affirme M. Tremblay.

Il ajoute toutefois que Québec « doit » investir dans le plan, notamment parce que Montréal partage plusieurs des objectifs du gouvernement provincial.

« Québec fixe des objectifs, alors il doit s’assurer qu’on a les moyens pour les atteindre », que ce soit dans la gestion des matières résiduelles ou les émissions de GES, croit le maire.

Au total, le plan prévoit un investissement de 273 millions de dollars sur dix ans, montant auquel il faut soustraire les coûts qui auraient de toute manière été consacrés à cette problématique, en l’absence de ce plan, soit 147 millions.

Le coût net du plan, incluant les frais de dette, serait donc de 123 millions de dollars, selon le document de la ville.

Pour aller plus loin :

ville.montreal.qc.ca Projet de plan directeur de gestion des matières résiduelles de l’agglomération de Montréal 2008-2012

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