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Un tarif douanier sur le carbone: d’impensable à inévitable ?

Une telle mesure redéfinirait la compétitivité internationale, croit l’économiste Jeffrey Rubin

par Alexis Beauchamp
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Texte mis en ligne le 27 mars 2008 à 10:48
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Un tarif douanier sur le carbone: d’impensable à inévitable ?
Les exportations chinoises pourraient bientôt faire face à un tarif douanier sur le carbone, croit l'économiste canadien de renom, Jeffrey Rubin. Photo: Japanfocus.org
Un tarif douanier sur le carbone: d’impensable à inévitable ?
Une telle mesure redéfinirait la compétitivité internationale, croit l’économiste Jeffrey Rubin
Une rupture importante se dessine actuellement entre les pays développés qui tentent de diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) et les pays en développement, qui voient leurs émissions exploser.
Alors que les pays de l’OCDE commencent à imposer un prix aux émissions de leurs industries et citoyens, leurs gouvernements ne pourront tolérer que la croissance des émissions en Chine, par exemple, annule les réductions de GES réalisées au fort prix en Occident.

C’est pourquoi Jeffrey Rubin, économiste en chef de Marchés mondiaux CIBC, prévoit qu’un tarif douanier sur le carbone sera adopté dans les prochaines années. L’Union européenne étudie d’ailleurs cette possibilité, qui est actuellement décriée par les États-Unis comme une forme cachée de protectionnisme.

Les États-Unis vont toutefois bientôt se relever les manches et s’attaquer sérieusement à la question des GES, fort probablement après le changement d’administration en janvier 2009. Le bloc des économies de l’OCDE se retrouvera alors désavantagé par rapport aux pays émergents, qui refusent pour l’instant d’envisager une réglementation de leurs GES.

Entre 2000 et 2007, les pays en développement ont été responsables de 90 % de la croissance des émissions mondiales, qui ont bondi de plus de 6000 millions de tonnes. À titre comparatif, la croissance des émissions chinoises depuis le début de la décennie équivaut aux émissions nationales cumulées du Canada, de l’Inde, de l’Espagne et du Japon !

50 $ la tonne ?

M. Rubin envisage une taxe de 40 à 50 $ la tonne de CO2, mais il ne précise pas d’échéancier pour sa prédiction. Lorsque l’on additionne cette taxe carbone à un baril de pétrole dépassant les 100 $, « tout à coup la signification de la compétitivité est redéfinie », explique l’économiste dans une note publiée aujourd’hui.

Selon lui, ces coûts additionnels feraient en sorte que le couplage des coûts de l’énergie et des GES deviendrait du coup plus important que les coûts de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs, notamment en Chine.

Il envisage même que les secteurs qui consomment le plus d’énergie, comme l’industrie des produits chimiques, du ciment ou de la métallurgie pourraient « revenir à la maison ». M. Rubin n’élabore pas longuement sur cette question, mais il précise qu’une taxe carbone de l’ampleur envisagée dans son étude serait suffisante pour renverser la tendance actuelle de l’impartition.

Si cette prédiction paraît invraisemblable, il faut noter que Jeffrey Rubin a été l’un des premiers économistes de renom à annoncer que le baril de pétrole atteindrait 100 $, dans une note publiée en juillet dernier. Le pétrole brut se détaillait alors environ 70 $ le baril.

Pour aller plus loin :

research.cibcwm.com Étude des Marchés mondiaux CIBC

www.visiondurable.com Vers une guerre commerciale au nom du climat ?

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