Ottawa annonce par ailleurs que l'industrie canadienne a six mois pour comptabiliser ses émissions
Groupes écologistes, délégations nationales et représentants de l’ONU dénoncent l’attitude du gouvernement canadien à la Conférence de Bali sur les changements climatiques.
Alors que les États-Unis sont qualifiés d’obstructionnistes depuis des années, le Canada est critiqué de toutes parts comme il l’a rarement été dans le cadre de négociations diplomatiques aussi formelles.
Le négociateur en chef de l’Union européenne, Stavros Dimas, soutient que les signaux envoyés par le Canada sont contradictoires : « Ils disent qu’ils vont respecter Kyoto, mais seulement en 2020. Je ne suis pas certain que l’on puisse dire que c’est respecter ses engagements », a dit M. Dimas.
Il ajoute que les réductions de gaz à effet de serre proposées par Bruxelles s’appuient sur les recommandations de la communauté scientifique internationale. Or le Canada s’oppose aux réductions de 25 % à 40 % sous le niveau de 1990 à l’horizon 2020 qui sont avancées par l’Union européenne.
Le « patron » du Protocole de Kyoto, Yvo de Boer, est même allé plus loin en insinuant que le Canada était hypocrite dans le dossier climatique (climate hypocrite) :
« Je trouve ça intéressant d’entendre le Canada, qui récemment indiquait qu’il n’allait pas atteindre ses objectifs de Kyoto, demander aux pays en développement d’accepter des objectifs contraignants de réduction des émissions », a lancé M. Boer lundi.
Le Canada dans le camp américain
Le gouvernement canadien est plus clairement associé aux positions américaines que jamais à Bali. Le Japon complète ce puissant triumvirat qui s’oppose à la quantification des objectifs de réduction dans le texte final de Bali.
La position américaine stipule que les négociations des deux prochaines années serviront justement à déterminer les réductions nécessaires pour la période 2013-2020, qui suivra Kyoto.
L’Union européenne réplique qu’il est crucial de fixer un objectif clair afin d’encadrer les négociations des deux prochaines années, qui s’annoncent déjà fort ardues, sans quoi il sera presque impossible d’en venir à une entente sérieuse avant la fin 2009.
Après dix jours de négociations, les délégations « politiques » sont maintenant à arrivées en Indonésie, pour le sprint final qui a pour but de conduire à un accord consensuel vendredi.
Date limite : 31 mai 2008
Le gouvernement fédéral a par ailleurs annoncé que les industries canadiennes ont jusqu’au 31 mai 2008 pour faire parvenir leur inventaire en matière d’émissions atmosphériques de 2006.
Ottawa utilisera ensuite ces données pour élaborer les règlements définitifs dans ce dossier, qui seront publiés l’an prochain. Les secteurs de l'industrie qui sont ciblés sont: l'électricité, le pétrole et le gaz, les pâtes et papiers, la fonte et l'affinage, le fer et l'acier, le ciment, la chaux et les agents chimiques, le secteur manufacturier et quelques secteurs de l'industrie minière.
Pour aller plus loin :
dotearth.blogs.nytimes.com Dot Earth
www.theglobeandmail.com Globe and Mail
www.thestar.com Toronto Star
www.cyberpresse.ca La Presse
www.ec.gc.ca Communiqué Environnement Canada