De nouveaux projets veulent transformer les déchets montréalais en énergie. Photo: Chris Jordan
Des projets d'un milliard de dollars pour traiter les déchets dans la région de Montréal
Une étude préconise la construction de quatre usines de gazéification des déchets.
La région métropolitaine de Montréal pourrait investir plus d'un milliard de dollars pour se doter de nouveaux centres de traitements des déchets. C'est ce que propose une étude réalisée par SNC-Lavalin et Solinov, dont Les Affaires a obtenu copie.
Cette étude recommande une solution innovatrice, soit la construction de quatre usines de gazéification des déchets pour réduire l'enfouissement en émettant un minimum de gaz à effet de serre.
Les deux firmes préconisent également la construction de quatre à six grands centres de compostage pour traiter les matières organiques issues de la collecte sélective. L'étude réalisée pour le compte de la Communauté métropolitaine de Montréal précise que ces équipements seraient répartis dans l'île de Montréal et dans les couronnes nord et sud.
De déchets qui servent à produire de l'énergie
Contrairement à l'incinération, toujours utilisée à Québec et Lévis, la gazéification n'émet pratiquement pas de dioxyde de carbone.
Au cours de la gazéification, les résidus sont chauffés à très haute température, jusqu'à 2 000 degrés Celsius. Mais le procédé utilise très peu d'oxygène.
Le procédé produit un gaz synthétique apparenté au méthane. Il est capté pour servir de carburant au lieu d'être rejeté dans l'atmosphère.
Les auteurs de l'étude évaluent à 850 millions de dollars le coût de construction de quatre usines de gazéification, d'une capacité d'élimination totale de 875 000 tonnes par année.
Bien que plus coûteuse, " la gazéification présente des avantages significatifs " sur l'incinération et sur l'enfouissement avec captage des biogaz, selon le document.
La technique élimine le problème du lixiviat, ce liquide provenant de la décomposition des déchets enfouis, qui doit être traité.
Selon SNC-Lavalin et Solinov, la gazéification ne produit pas non plus de résidus solides à enfouir, mais des métaux et des scories utilisables par l'industrie. Thermoselect, la technologie suisse retenue pour l'étude, est déjà utilisée à l'échelle industrielle au Japon, en Allemagne et en Italie.
Ce texte est tiré du journal Les Affaires du 27 octobre au 2 novembre 2007.
Paul Mattsson
Commentaire mis en ligne le 7 décembre 2007Pour quoi l'article ne parle pas du cout de cette technique? Presque $300 la tonne! Et pour le mantenir en fonctionnement il faut l'alimenter tout le temps. ça veut dire que ce n'est pas pratique de diminuer nos dechets... et il ne dise pas qu'il y a toujours de metaux lourds qui finissent dans l'air... J'ai l'impression que l'article donne une bonne critique de la gazeification, quand en fait ce n'est pas pratique, ni ecologique, ni durable, ni economique, etc. Il faut donner au gouvernement un fort message d'arreter d'eviter les vrais solutions, qui cout beaucoup moins chere en plus: l'education, la reduction, le compostage, la legislation, etc.
merçi.
(je m'excuse de mon mauvais français)