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Enzymes à rabais pour carburant vert

Innovation. Medicago a développé une technologie pour réduire les coûts de production de l'éthanol cellulosique.

par Hugo Joncas
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Texte mis en ligne le 30 août 2007 à 18:03
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Enzymes à rabais pour carburant vert
L'éthanol coût presque deux fois plus cher que l'essence mais Medicago veut changer les choses. Photo: National Renewable Energy Laboratory.
Enzymes à rabais pour carburant vert
Innovation. Medicago a développé une technologie pour réduire les coûts de production de l'éthanol cellulosique.
Medicago, une entreprise de Québec, a mis au point une technologie qui permet de produire à moindre coût de l'éthanol cellulosique, obtenu à partir de résidus forestiers ou agricoles.
Québec et Ottawa voient dans ce carburant une solution de remplacement à l'éthanol de maïs, qui exige trop d'énergie, trop de terrains pour la culture, et qui fait grimper le prix des denrées alimentaires.

Mais la fabrication de ce carburant moins dommageable pour l'environnement exige l'utilisation de puissantes enzymes - des cellulases - pour dégrader la cellulose et en libérer les sucres.

Ces enzymes coûtent une fortune à produire. Résultat : l'éthanol cellulosique coûte deux fois plus cher que l'essence.

Le département américain de l'Énergie espère que le coût de production des cellulases passera de 5 ¢ à moins de 1 ¢ US le litre d'ici 2020. " Nous, nous voulons le faire tout de suite ", dit Louis-Philippe Vézina, vice-président scientifique de Medicago.

L'entreprise est en discussion avec l'un des deux plus importants producteurs d'enzymes pour commercialiser sa technologie. Le leader mondial dans le domaine, Novozymes, du Danemark, veut faire baisser substantiellement le coût de production de ses cellulases d'ici quatre ans. L'américaine Genencor, numéro deux, est également dans la course.

Des champignons délicats

Ces entreprises produisent les celluloses dans des conditions stériles avec des champignons très vulnérables à la contamination. " Tant qu'ils travailleront comme ça, ça coûtera trop cher ", dit M. Vézina.

C'est pourquoi Medicago a décidé de se débarrasser des champignons. L'entreprise en extrait le gène qui commande la production des cellulases et l'insère dans l'ADN de la luzerne et du tabac. " Nous avons démontré que ces plantes sont ainsi capables de produire beaucoup d'enzymes et sont beaucoup moins fragiles en culture. "

Medicago pourrait produire sa luzerne ou son tabac génétiquement modifié dans des champs, comme le font déjà les agriculteurs avec le soya et le canola, ce qui réduirait davantage les coûts. " S'il y a de l'opposition, il faudra les produire en serre, mais ce serait un peu plus cher ", dit M. Vézina. Les producteurs de cellulases pourraient confier à Medicago le code génétique de leurs meilleures enzymes, que l'entreprise produirait ensuite à bas coût avec sa luzerne. " S'ils pensent pouvoir les produire à moins de 1 ¢ US le litre dès maintenant, ils peuvent prendre le marché ", estime Emmanuel Petiot, directeur, développement des affaires mondiales pour la biomasse, de Novozymes. Ce dernier reste cependant sceptique.

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