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Des entreprises d'ici qui relèvent le défi

L'art de croître en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre des entreprises qui agissent

par Hugo Joncas
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Texte mis en ligne le 17 février 2007 à 16:12
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Des entreprises d'ici qui relèvent le défi
L'art de croître en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre des entreprises qui agissent
C'est maintenant incontournable : tout rapport annuel d'une entreprise comprend une section environnementale, qui traite notamment des émissions de gaz à effet de serre.

Plusieurs grands émetteurs de GES, les Alcan, Shell, Falconbridge et Tembec ont même fait des déclarations pour inciter les gouvernements canadien et américain à lutter contre les changements climatiques.

Malgré leur bonne volonté, peu de ces sociétés peuvent se vanter d'avoir diminué leurs émissions absolues. En général, leurs efforts pour diminuer les émissions sont annulées par la croissance de leur entreprise.

Bref, l'intensité des émissions diminue, mais pas la baisse nette. Et la Terre, elle, continue de ressentir la dangereuse montée de chaleur.

L'environnement, c'est payant

Plusieurs sociétés font toutefois exception. En diminuant au net leurs émissions ou en aidant d'autres organisations à le faire, elles " décarbonisent " l'industrie québécoise.

Et elles ne le font pas par grandeur d'âme, mais parce que c'est payant.

Par exemple, Kruger a pu cesser l'achat d'environ 30 millions de litres de mazout en utilisant ses propres résidus pour produire la vapeur nécessaire à son procédé, à l'aide de sa nouvelle centrale de cogénération de 19 mégawatts à Brompton (voir l'encadré).

Quant à Biothermica, propriétaire à 50 % de la centrale au biogaz Gazmont, à Montréal, elle vend des kWh à Hydro-Québec depuis 1996.

Vu l'absence de plafonds d'émissions au Canada, l'entreprise n'a toutefois pas pu retirer de crédits de carbone pour le méthane valorisé à l'ancien dépotoir Miron. Près de 10 millions de tonnes d'équivalent CO2 ont pourtant été évitées avec ce projet.

Travailler ailleurs

En fait, pour pouvoir toucher des crédits d'émission, Biothermica doit passer par le Mécanisme de développement propre du Protocole de Kyoto. En vertu de ce système, les pays industrialisés financent des projets de réduction dans des pays en voie de développement et obtiennent des crédits qu'ils peuvent vendre à des entreprises ou des pays ayant du mal à atteindre leurs objectifs.

Biothermica a donc construit un système pour brûler les biogaz d'un dépotoir au Salvador. L'entreprise a ensuite obtenu des crédits pour 1,2 million de tonnes d'équivalent CO2 pour la période de 2006 à 2012.

" Nous en avons vendu le quart au Luxembourg, dit Guy Drouin, président de Biothermica. En 2008, nous produirons de l'électricité avec ces gaz, ce qui nous donnera des crédits supplémentaires. "

Mais M. Drouin regrette d'avoir à s'exiler pour toucher des crédits de carbone. Il souhaite qu'Ottawa édicte des règles pour qu'un marché puisse se mettre en place au Québec. " C'est à l'État d'établir le cadre légal, dit-il. Après, les entreprises vont faire le travail. "

Un discours repris par de grands pollueurs, comme des alumineries et des papetières, qui veulent voir leurs efforts reconnus. Nous vous en présentons quelques-unes dans les pages qui suivent.

Encadré(s) :

Moins d'émissions, plus d'énergie

L'Association des produits forestiers du Canada n'a pas manqué de le mentionner : ses membres ont réduit leurs émissions de gaz à effet de serre de 44 % depuis 1990, tout en augmentant leur production de 20 %.

Les deux tiers de ces réductions ont été obtenus en troquant les hydrocarbures pour de la biomasse générée par les forestières afin de produire la vapeur dont elles ont besoin.

L'exemple de Kruger illustre parfaitement la situation. Depuis 1990, l'entreprise a réduit ses émissions de plus de 7 % tout en augmentant sa production de 70 % . Et Kruger s'apprête à réduire ses émanations de 10 % additionnels à la fin du printemps en démarrant sa nouvelle centrale de cogénération à son usine de papier de Brompton, en Estrie.

Le projet de 85 M$ prévoit l'installation d'une chaudière pour brûler les boues de l'usine, des écorces et d'autres résidus de bois. La vapeur ainsi produite alimentera la papetière et fera tourner une turbine électrique de 19 mégawatts.

L'électricité sera vendue à Hydro-Québec Distribution à un coût moyen de 6,7 ¢ le kilowattheure. Résultat : 30 millions de tonnes de mazout par an d'économisées.

La pollution engendrée par l'enfouissement de 600 tonnes sèches de résidus par jour sera également éliminée.

Depuis longtemps propriétaire de centrales hydroélectriques, la société a créé Kruger Énergie en 2004 et s'est engagée dans la construction d'un parc éolien de 100 MW à Port Alma, en Ontario. Et elle songe à participer au prochain appel d'offres de 2 000 MW lancé par Québec.

Kruger

Secteur :Pâtes et papiers

Réduction des gaz à effet de serre depuis 1990 : 7,4 %

Hausse de la production depuis 1990 :70 %

Moyen utilisé : Biomasse forestière

Gains réalisés par la vente d'électricité :11 M$

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