Tenir compte de l'environnement avant de créer un produit
"Dans la nature, les déchets n'existent pas. Tout est réutilisé et recyclé. Une plante devient de la nourriture pour des animaux, qui la transforme en compost, qui deviendra à son tour de la nourriture pour d'autres plantes, et ainsi de suite", explique William McDonough, architecte et auteur mondialement connu pour son livre Cradle to Cradle.
Selon lui, les entreprises n'auront d'autre choix que d'apprendre à imiter le système très efficace de la nature. "Éliminer le concept de déchet veut dire qu'il faut concevoir les produits, les processus et les sociétés suivant le principe qu'un déchet est de la nourriture pour une autre application", ajoute-t-il. C'est ce que les ingénieurs appellent l'écoconception.
Steelcase, un fabricant de meubles, s'est servi de l'écoconception pour développer la chaise Think. Composée à 41 % de matières recyclées, elle est recyclable à 99 %. Et ce n'est qu'une première étape.
La boîte à outil
Pour tenir compte de l'environnement lors de la conception, il faut que les concepteurs adoptent une "pensée cycle de vie" (life cycle thinking). Autrement dit, ils doivent évaluer l'impact sur l'environnement qu'un produit aura à toutes les étapes de sa vie, de l'extraction des matières premières, à la fabrication, à l'utilisation et au recyclage.
Pour mesurer la performance environnementale à chaque étape, les ingénieurs analysent le cycle de vie. "Grâce à elle, on peut voir, de façon objective, précisément à quelle étape l'impact environnemental est le plus important. On peut également voir où se situent les impacts : au plan des ressources renouvelables, des changements climatiques, de la couche d'ozone, etc.", explique Daniel Normandin, directeur des communications du Centre interuniversitaire de référence sur l'analyse, l'interprétation et la gestion du cycle de vie (CIRAIG), à la Polytechnique de Montréal.
Parmi les autres outils de l'écoconception, citons le design pour l'environnement (DpE) et le design pour le désassemblage (DpD). Le DpE vise à éliminer du produit toute substance que l'on sait être toxique. Mercure, cadmium, BPC, si c'est toxique, la substance n'entre pas dans la chaîne.
Le DpD tient compte de ce qui va arriver au produit en fin de vie. Il consiste donc à concevoir des produits faciles à désassembler, ce qui réduit les coûts de récupération et de recyclage. Cela évite également le mélange de différents matériaux techniques incompatibles.
Victor Innovatex, un fabricant de tissu de Saint-Georges, en Beauce, a ainsi mis en marché le polyester Eco Intelligent. Le tissu synthétique est "conçu pour être utilisé, récupéré et refabriqué efficacement et sans danger lors de ses multiples cycles de vie, ce qui en fait le premier textile techniquement optimisé", peut-on lire sur le site Internet de l'entreprise.
mireille tremblay
Commentaire mis en ligne le 4 septembre 2007je veux pas commenter ce texte mais j aimerais savoir si on peut faire quelque chose si on est temoin qu'une entreprise comme le normandin n'a même pas de bac de recyclage et que tout va aux poubelles.peut -on les dénoncer ou si on ne fait que regarder ces monstre d'entreprise qui se foute de la planete alors qu'à la maison on recycle tout ce que l'on peut.