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Scruter les phases de vie du produit

L'analyse du cycle de vie est la pierre angulaire du Fonds d'investissement en développement durable

par Charles-Albert Ramsay
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Texte mis en ligne le 14 mai 2005 à 14:47
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Scruter les phases de vie du produit
L'analyse du cycle de vie est la pierre angulaire du Fonds d'investissement en développement durable
"Quelle grille d'analyse pouvons-nous utiliser pour évaluer des projets en fonction du développement durable ?"

Thomas Mulcair, ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, soulève une question importante.

Il l'a posée aux représentants des groupes environnementaux Équiterre et Greenpeace, qui lui ont présenté en mars dernier leurs réactions à l'avant-projet de loi sur le développement durable, dans le cadre d'une vaste consultation publique.

La réponse viendra à la présentation suivante, celle de Sylvain Plouffe, directeur adjoint du Centre interuniversitaire de référence sur l'analyse, l'interprétation et la gestion du cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG), de l'Université de Montréal.

M. Plouffe et ses collègues du CIRAIG ont peaufiné l'analyse de cycle de vie (ACV), une technique qui permet de poser, en quelques jours, un diagnostic des forces et des faiblesses d'une entreprise. La technique sert notamment au Fonds d'investissement en développement durable (FIDD), un fonds de capital de risque, doté de 18 M$ et voué au développement d'entreprises plus respectueuses de l'environnement. L'ACV permet au FIDD de déterminer les actions à entreprendre dans les entreprises visées.

Depuis sa mise sur pied, en décembre 2003, le Fonds a investi 2 M$ dans cinq entreprises québécoises, soit CO2 Solutions, Corporation EARTH, Recy-Clone, Bioetik et Busch Marine.

Une équipe d'ingénieurs du CIRAIG s'est présentée dans ces entreprises pour leur poser 200 questions. Ils en retirent 600 variables, qui permettent d'identifier la taille de l'empreinte écologique de l'entreprise et les priorités d'action. L'analyse tient compte de toute la vie du produit, de la source des intrants aux procédés de fabrication et aux solutions de distribution en passant par l'impact de la consommation, jusqu'à la fin de vie du produit (enfouissement, recyclage, etc.)

L'entreprise reçoit ensuite un bulletin. Au chapitre de l'environnement, on lui a accordé une note pour l'utilisation des ressources, la gestion des rejets et son système de gestion environnementale. La note est détaillée pour chaque étape de production.

Une deuxième série de notes est attribuée aux critères sociaux du FIDD, soit la création d'emplois, les conditions de travail (travail d'enfants, sécurité, etc.) et les relations avec les parties prenantes. Encore une fois, la note est détaillée pour chaque étape de production.

Comme au golf, une plus haute note est le signe d'une série de mauvais coups. Le bulletin permettra d'identifier les problèmes. Les changements à apporter peuvent engendrer un coût supplémentaire. Cependant, Andrée-Lise Méthot, présidente du FIDD, soutient que d'importants gains sont réalisables grâce aux programmes d'éco-efficacité. Elle estime qu'il est encore trop tôt pour chiffrer les économies réalisées par les interventions du FIDD, jeune de 18 mois. Toutefois, elle s'attend à un rendement de l'investissement de 15 % par année.

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