Hydro-Québec dévoile aujourd’hui une analyse du cycle de vie (ACV) des ampoules fluocompactes qui atteste de leurs bénéfices environnementaux... dans la plupart des cas.
L’étude confirme toutefois que les 16 % de ménages québécois chauffant au mazout ou au gaz naturel feraient mieux d’utiliser des ampoules incandescentes en période de chauffe (froide).
Ce résultat corrobore partiellement la conclusion d’une autre étude rapportée par visiondurable.com le 20 mars dernier.
L’étude « To Switch, or Not to Switch : A Critical Analysis of Canada’s Ban on Incandescent Light Bulbs » concluait que la transition vers les ampoules fluocompactes seraient bénéfiques pour le Canada dans son ensemble, mais entraîneraient des émissions supplémentaires de 219 000 tonnes de gaz à effet de serre au Québec.
Le document dévoilé aujourd’hui par Hydro-Québec ne chiffre pas les émissions de GES qui pourraient être générées par l’adoption des fluocompactes dans les ménages chauffés au mazout et au gaz naturel.
Le Centre interuniversitaire de recherche sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG) de l’École Polytechnique à Montréal, qui a réalisé l’étude pour Hydro-Québec, conclut cependant que « l'impact environnemental des ampoules fluocompactes est plus important que pour les ampoules à incandescence » au chapitre des changements climatiques et de la disponibilité des ressources.
En effet, environ 95 % de l’électricité consommée par une ampoule incandescente est « perdue » sous forme de chaleur, seulement 5 % étant transformée en lumière. Or cette perte n’en est pas une en hiver, alors que cette chaleur remplace une partie du chauffage.
Dans le cas des ménages chauffés par une énergie fossile (mazout ou gaz naturel), on remplace donc de l’électricité de source hydraulique par des combustibles qui émettent des gaz à effet de serre.
Le CIRAIG ajoute toutefois que « la promotion des ampoules fluocompactes pour tous les foyers québécois devient hautement recommandable en supposant que chaque kWh économisé pourrait substituer des formes d’énergie plus polluantes ou moins efficaces que le chauffage au gaz ou au mazout (en particulier l’électricité d’origine thermique). »
On fait ici référence à l’exportation vers des marchés où l’électricité québécoise remplacerait, selon ce scénario, des formes d’énergie plus polluantes comme le charbon. Cette hypothèse n’est toutefois pas davantage développée dans le résumé de l’étude obtenue par visiondurable.com.
Il est intéressant de noter cependant que les marchés de pointe, sur lesquels Hydro-Québec écoulent son surplus d’électricité, ne déplacent que rarement la charge de base fournit par les grandes centrales au charbon. Cette électricité « spot » déplace plutôt l’énergie générée par des centrales au gaz naturel, par exemple, qui sont plus coûteuses que celles fonctionnant au charbon.
Pour aller plus loin :
www.visiondurable.com Les ampoules fluocompactes, une forte source de GES au Québec ?
Alexis Beauchamp
Commentaire mis en ligne le 9 septembre 2008Mme Langis,
Il y a effectivement du mercure dans les fluocompactes... mais beaucoup moins que dans la batterie de votre montre, par exemple. Il ne faut pas ignorer cet élément, mais il faut le garder en perspective.
Par ailleurs, les impacts environnementaux de la fabrication des ampoules (fluocompactes ou incandescentes) sont minimes lorsqu'on les considère dans l'ensemble du cycle de vie des ampoules. Il est donc normal de se concentrer sur leur consommation d'énergie, puisque c'est dans cette phase qu'elles ont le plus grand impact.
Par ailleurs, cet article porte justement sur l'à-propos des fluocompactes au Québec. Il est déjà clair selon la majorité des experts que cette technologie de transition doit être encouragée dans des pays au profil énergétique plus polluant que le nôtre.
Cordialement,
Alexis Beauchamp