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Banque mondiale et environnement : loin de la coupe aux lèvres

La protection de l’environnement n’est toujours pas intégrée à la réduction de la pauvreté

par Alexis Beauchamp
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Texte mis en ligne le 23 juillet 2008 à 9:29
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Banque mondiale et environnement : loin de la coupe aux lèvres
Le président de la Banque mondiale Robert Zoelick, devra se relever les manches s'il veut mieux intégrer la protection de l'environnement aux opérations de la Banque. Photo: Banque mondiale
Banque mondiale et environnement : loin de la coupe aux lèvres
La protection de l’environnement n’est toujours pas intégrée à la réduction de la pauvreté
Près de 20 ans après avoir intégré les questions environnementales dans ses stratégies, un important décalage demeure entre la rhétorique et les actions de la Banque mondiale à ce niveau.
C’est là l’une des principales conclusions d’un rapport d’évaluation interne du Groupe de la Banque mondiale publié hier.

Entre 1990 et 2007, près de 400 milliards de dollars ont été investis et prêtés par la Banque mondiale dans 6800 projets à travers le monde.

Or l’engagement envers la protection de l’environnement par la Banque mondiale et ses unités (Société financière internationale – IFC, et l’Agence multilatérale de garantie des investissements- MIGA), ne se traduit toujours pas par des changements structurels dans la prise de décisions du Groupe et dans ses actions sur le terrain.

Même si la Banque mondiale a renforcé ses efforts environnementaux depuis 2001, l’environnement n’a pas encore été véritablement intégré dans sa mission première, soit la réduction de la pauvreté.

Le rapport de 181 pages dresse un constat détaillé et formules de nombreuses recommandations. La direction de la Banque mondiale a d’ailleurs déjà réagi officiellement à ce rapport, et sa position se trouve à la fin du rapport du Groupe indépendant d’évaluation (GIE).

Le GIE réclame notamment une meilleure coordination entre les opérations des différentes unités de la Banque mondiale.

C’est ainsi que l’IFC, la branche de la Banque mondiale qui travaille avec le secteur privé, peut financer des projets de développements agricoles ou industriels qui vont directement à l’encontre de programmes de la Banque mondiale visant à éviter la déforestation ou à lutter contre la pollution industrielle.

Une meilleure évaluation des impacts environnementaux des projets de la Banque, effectuée de manière plus systématique, est également nécessaire selon le GIE. Si des efforts sont déjà engagés en ce sens, les impacts environnementaux des projets devraient être évalués non seulement au cas par cas mais également dans leur ensemble, sur une base régionale et sectorielle.

La Banque mondiale a donc clairement du pain sur la planche. Le rapport du GIE, le premier depuis 2002 sur l’environnement, souligne toutefois que les acteurs externes jouent un rôle crucial dans la réussite ou l’échec des efforts de la Banque.

L’engagement des gouvernements et institutions nationales et locales, tout comme celui des entreprises partenaires de nombreux projets de la Banque mondiale, envers la protection de l’environnement est primordial.

Un petit extrait du rapport du GIE laisse entrevoir quelques unes des nombreuses contraintes externes qui s’ajoutent aux lacunes internes de la Banque mondiale en matière de protection de l’environnement :

« Des informations et une compréhension souvent inadéquates de la nature et des causes des problèmes environnementaux, la définition trop floue du programme environnemental national et de ses liens avec la croissance économique et la lutte contre la pauvreté, et l’insuffisance des capacités juridiques, réglementaires, financières, techniques, humaines et institutionnelles constituent aussi des obstacles appréciables ».

Malgré tout, le GIE souligne certains progrès par rapport à la situation dans les années 1990, mais souligne que la démarche de la Banque doit s’approfondir rapidement, notamment afin de mieux intégrer la question des changements climatiques dans ses opérations.

Pour aller plus loin:

siteresources.worldbank.org Résumé de l’évaluation (en français)

www.visiondurable.com La Banque mondiale finance une centrale au charbon de 4000 MW en Inde

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