L'un des magasins écoénergétiques de la chaîne Wal-Mart aux États-Unis, qui consomment 30 % moins d'énergie qu'nu magasin conventionnel. Photo: Wal-Mart
Wal-Mart durable: oxymoron ou évolution ?
« C’est bon pour l’environnement, c’est bon pour les affaires ».
Mario Pilozzi, président sortant de Wal-Mart Canada, répète sans cesse cette phrase lorsqu’il explique la démarche de son entreprise vers la durabilité.
Les efforts de Wal-Mart afin d’améliorer l’efficacité énergétique de ses opérations et de diminuer le gaspillage ont en effet rapporté gros : M. Pilozzi estime à 20 millions de dollars par année les économies réalisées grâce à ses initiatives, seulement au Canada.
Dans un discours devant le Conseil québécois du commerce de détail, M. Pilozzi a expliqué ce matin pourquoi un virage vert est nécessaire dans ce domaine.
Appuyé par les plus récents sondages sur les préoccupations des Canadiens, celui qui s’oriente vers une carrière de consultant a souligné à maintes reprises que la durabilité est payante, même lorsque l’entreprise n’a pas l’ampleur de Wal-Mart.
« Les consommateurs réclament une expérience de magasinage agréable, mais aussi que les entreprises adoptent des comportements responsables. Ce sont leurs deux priorités », affirme-t-il.
M. Pilozzi a multiplié les exemples d’initiatives mises en place par Wal-Mart Canada, qui touchent surtout l’efficacité énergétique, le recyclage et l’emballage. Toutes ces mesures ont d’ailleurs généré des économies en argent sonnant, ajoute-t-il.
Ce n’est pas le cas pour ce qui est de l’achat d’énergies renouvelables par l’entreprise, mais M. Pilozzi souligne que ce surcoût était nécessaire pour réduire ses émissions de GES.
Selon lui, Wal-Mart a réussi à transformer la caractéristique qui lui était le plus reprochée, son énorme taille, en un avantage important afin d’influencer ses fournisseurs à prendre le virage vert.
La filiale canadienne de Wal-Mart a d’ailleurs organisé une première « foire verte » à l’automne dernier à Montréal, où 130 fournisseurs écologiques sont venus présenter leurs produits au géant du détail.
Les 8000 fournisseurs actuels de Wal-Mart Canada devront tous faire leur part, souligne M. Pilozzi. Afin de donner une idée de la portée de cette entreprise, sa compagnie mère est responsable de 30 % de tous les achats étrangers en Chine, selon le Financial Times.
Wal-Mart réunira d’ailleurs environ un millier de ses fournisseurs chinois en octobre afin de leur expliquer la nouvelle « feuille de pointage » utilisée par l’entreprise pour évaluer la performance durable de ses fournisseurs.
Si M. Pilozzi a frappé le clou des économies à maintes reprises, il croit que la démarche de son entreprise va plus loin. C’est selon lui une obligation.
« Il faut le faire pour nos enfants et nos petits enfants »
« Nous, le commerce de détail, une industrie fière et formée de leaders, imaginez si on prend ce virage avec passion. Imaginez ce qu’on peut faire ! », a-t-il lancé en guise de conclusion.