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La Norvège carboneutre en 2030 : Révolution ou mirage ?

par Alexis Beauchamp
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Texte mis en ligne le 24 mars 2008 à 13:46
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La Norvège carboneutre en 2030 : Révolution ou mirage ?
L'industrie pétrolière et gazière de la Norvège, représente à la fois le moteur économique du pays et sa principale source de GES. Photo: abovetopsecret.com
La Norvège carboneutre en 2030 : Révolution ou mirage ?
La Norvège, troisième pays exportateur de pétrole dans le monde, a promis en janvier dernier d’être « carboneutre » en 2030. Cet engagement, d’abord applaudi par plusieurs observateurs, fait toutefois l’objet de critiques de plus en plus soutenues dans ce pays scandinave.
Le principal reproche adressé au « modèle » norvégien est qu’il s’appuie de manière importante sur des projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans les pays en développement.

Le gouvernement norvégien a annoncé à Bali qu’il investira 550 millions de dollars par année afin de combattre la déforestation et d’encourager les énergies propres dans les pays en développement.

Que ces projets soient valables ou non, certains soulignent que de toute manière les autres pays riches ne peuvent pas s’inspirer de l’approche norvégienne puisqu’il n’existe tout simplement pas assez de projets de réductions dans les PED pour compenser les émissions des pays du Nord.

Des Norvégiens québécois albertains

Ce petit pays d’environ cinq millions se trouve d’une certaine manière entre le Québec et l’Alberta.

Comme le Québec, la presque totalité (95 à 99 %) de l’électricité produite en Norvège provient de sources hydrauliques, ou éoliennes. Il n’y a donc pas de gains à réaliser en fermant de vieilles centrales au charbon, comme l’Ontario tente de le faire depuis des années.

Comme l’Alberta, l’économie norvégienne est intimement liée au pétrole et au gaz naturel. Les recettes gouvernementales issues de ce secteur alimentent d’ailleurs un fonds souverain, qui jouit actuellement d’un actif évalué à plus de 300 milliards de dollars.

La Norvège est déjà une pionnière au niveau du stockage de carbone, mais cette technologie n’est utilisée que par quatre des installations pétrolières qui se trouvent sur la Mer du Nord. La coalition actuellement au pouvoir veut rapidement développer la capture et le stockage de carbone, et étendre son utilisation, au-delà de ses frontières si possible.

Il demeure toutefois que les réductions de GES « faciles », ou abordables, ont déjà été réalisées depuis longtemps dans ce pays où les citoyens sont particulièrement sensibles à l’environnement et où les énergies fossiles sont fortement taxées.

Un litre d’essence se détaille déjà 3 $ le litre : quel impact peut-on espérer d’une hausse supplémentaire de 18 ¢/litre, comme le promet le gouvernement ?

Dans le même sens, le New York Times rapporte qu’un VUS coûte quatre fois plus cher en Norvège qu’aux États-Unis, où les VUS sont déjà plus chers que la moyenne des véhicules.

Le gouvernement norvégien n’a pas encore dévoilé son plan détaillé de réduction des émissions de GES. En attendant, le pays qui a pris l’engagement le plus draconien en matière de GES semble réaliser à quel point la tâche ne sera pas facile.

Pout aller plus loin :

www.nytimes.com Lofty Pledge to Cut Emissions Comes With Caveat in Norway

www.visiondurable.com La Norvège carboneutre dès 2030

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