Est-ce que le cap des 100 $ pour un baril de pétrole serait finalement le « point de bascule » à partir duquel les consommateurs modifient leurs achats et leurs habitudes de transport ? La consommation d’essence serait-elle plus élastique que prévue ?
Depuis le mois de janvier, la consommation d’essence aux États-Unis a chuté de 1,1 % par rapport à l’an dernier, cette réduction étant la plus forte observée depuis la récession de 1992, selon l’Energy Information Administration.
La consommation avait certes été réduite à l’automne 2005, dans l’après-coup de l’ouragan Katrina, mais cette diminution était due à une disponibilité plus faible causée par la mise hors d’état de plusieurs raffineries importantes dans la région du Golfe.
Combinée au ralentissement économique généralisé qu’éprouvent les États-Unis, la hausse marquée du prix de l’essence pousse les Américains à tenir compte de ce facteur dans leurs achats.
Seulement depuis janvier 2007, le prix de l’essence a bondi de 40 %, pour atteindre 3,39 $ le gallon, ou 0,89 $ le litre. Si ce prix est moindre qu’au Canada, et beaucoup plus faible qu’en Europe et au Japon, où de fortes taxes gonflent le coût des carburants, il faut souligner que l’essence abordable est pris pour acquis aux États-Unis.
Il y a seulement cinq ans, l’essence se vendait 0,38 $ le litre chez nos voisins du Sud. En février 1999, la moyenne nationale était de 0,23 $.
Aux États-Unis, l’utilisation du transport en commun a d’ailleurs connu en 2006 sa plus forte augmentation depuis les années 1950, soit 2,9 %. Dix milliards de déplacements ont été effectués en train, en métro et en autobus.
Les ventes des grandes berlines sont également en chute libre. Elles ont baissé de 2,6 % en 2006, puis de 10,5 % l’an dernier, avant d’accuser un recul de 26,5 % en janvier 2008 par rapport à l’année précédente.
Les gros VUS voient également leurs ventes fondre pour laisser la place aux VUS compacts, plus économes, dont la popularité ne se dément pas. Seules ce secteur et celui des petites voitures connaissent actuellement une hausse des ventes aux États-Unis, rapporte le Wall Street Journal.
Ce portrait de la situation n’est certes que partiel, notamment parce que la récession dans laquelle semblent s’engager les États-Unis a probablement un impact encore plus important sur les habitudes des Américains que la hausse des coûts énergétiques.
Cela dit, jamais depuis le début des années 1970 les consommateurs américains ont porté autant d’attention à leur consommation d’essence. Et peu à peu, cette prise de conscience a un impact sur leurs habitudes.
Pour aller plus loin :
online.wsj.com Wall Street Journal
www.eia.doe.gov EIA: données sur l’essence