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La banlieue peut-elle devenir durable ?

par Alexis Beauchamp
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Texte mis en ligne le 11 février 2008 à 12:23
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La banlieue peut-elle devenir durable ?
L'empreinte écologique des banlieues est un sujet sensible, rarement abordé par les politiciens et les groupes écologistes. Photo: powerhousemuseum.com
La banlieue peut-elle devenir durable ?
Les projets de train de banlieue, de maisons écoénergétiques et de sources d’énergie locales et renouvelables permettront-ils de réformer la banlieue ? Ou le mode de vie banlieusard est-il antinomique avec le développement durable ?
Voilà un débat qui prend tranquillement de l’ampleur aux États-Unis, où environ la moitié des gens vivent en banlieue.

Au Canada, la proportion est plus faible (28 %), mais la population des banlieues a augmenté presque trois fois plus rapidement que celles des villes entre 2001 et 2006, selon Statistique Canada.

Un article du New York Times (Don’t Let the Green Grass Fool You) rapportait hier plusieurs initiatives de banlieues américaines qui s’efforcent de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) ou leur dépendance face à la voiture.

Certaines villes périphériques ont changé leurs feux de circulation pour des lumières plus efficaces, d’autres encouragent les enfants à marcher ou utiliser le vélo pour se rendre à l’école (seulement 15 % d’entre eux le font, comparativement à 50 % il y a quarante ans).

Pendant ce temps, des grandes villes comme New York claironnent les avantages environnementaux intrinsèques à un mode de vie urbain. Selon les autorités de la ville, un New-yorkais émet en moyenne 7,2 tonnes de GES par année, soit beaucoup moins que la moyenne nationale de 24,5 tonnes.

L’utilisation accrue des transports en commun, la plus forte densité démographique et la plus faible superficie moyenne des ménages en villes expliqueraient cette différence.

Question sensible

L’empreinte écologique plus lourde des banlieues est toutefois rarement soulevée par les décideurs politiques, et même par les groupes environnementaux.

En effet, il s’agit là d’une question jugée sensible, parce que les gens qui résident en banlieue ont choisi d’y habiter notamment pour les terrains plus grands, les maisons plus spacieuses, la piscine et le garage.

Les banlieusards peuvent changer leurs ampoules pour des fluocompactes et recycler religieusement, il demeure que les banlieues sont construites autour de l’utilisation de la voiture et d’une faible densité démographique.

D’un autre côté, près de 1,4 million de personnes vivent en banlieue de Montréal, et 83 % d’entre eux n’envisagent pas de quitter la périphérie pour la métropole, selon un sondage réalisé par La Presse l’automne dernier.

Face à ce constat, le questionnement sur l’incompatibilité de la banlieue avec le développement durable est-il pertinent ? À court terme du moins, la meilleure avenue demeure probablement de miser sur des améliorations limitées mais concrètes.

Pour ce qui est d’une planification à plus long terme, certains croient que l’augmentation des prix de l’énergie réduira l’attrait des banlieues. D’autres soulignent toutefois que les coûts énergétiques devront augmenter de façon colossale avant que les gens renoncent à un mode de vie aussi fortement enracinée, et populaire, en Amérique du Nord.

Pour aller plus :

www.nytimes.com Don’t Let the Green Grass Fool You

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