Le projet Better Place propose d’utiliser le modèle d'affaires des cellulaires pour les véhicules électriques
Israël accueillera le plus ambitieux projet de voitures électriques au monde, qui pourrait voir 100 000 véhicules complètement électriques sur les routes du pays en 2010, et quelques milliers dès l’an prochain.
VERSION MISE À JOUR
Renault et Nissan fourniront une version électrique de certains de leurs modèles, comme par exemple la Mégane, à un prix semblable à leur version à essence. Le gouvernement israélien offrira toutefois des remises fiscales qui baisseront le prix des voitures électriques sous le prix des modèles traditionnels. Ces mesures seront en place au moins jusqu’en 2019.
Mais qu’en est-il des batteries, cette fameuse bête noire qui empêche les voitures électriques d’arriver sur le marché ?
Nissan et son partenaire NEC affirment avoir développé des batteries au lithium-ion.
Les batteries permettront aux automobiles de parcourir 200 kilomètres avant de devoir changer leurs batteries.
En effet, plutôt que de recharger les batteries lorsqu’elles seront vides, les gens pourront se rendre à une station service électrique, et obtenir de nouvelles batteries pleines en quelques minutes. De la même manière que l'on peut aujourd'hui rapporter des bonbonnes de propane vides à une station-service et repartir avec une pleine.
Les clients paieront un forfait mensuel comme pour un téléphone cellulaire, selon le kilométrage parcouru.
Des stations de recharge seront également installées à certains endroits stratégiques, comme des parcomètres, afin de pouvoir recharger les batteries.
Enfin, les clients pourront également recharger leurs batteries à la maison ou au bureau, en branchant leur voiture sur le réseau électrique.
Renault a toutefois nuancé le portrait en affirmant que ce n'est pas "100 % clair" qu'elle serait en mesure de fournir la technologie nécessaire au remplacement rapide des batteries. "C'est presque réglé. Je crois que ça va fonctionner", explique Patrick Pélata, vice-président exécutif de Renault.
Malgré l'ambition du projet, il est toutefois trop tôt pour savoir si les Israéliens embrasseront simultanément une nouvelle technologie et une façon de payer pour sa voiture qui n’a jamais fait ses preuves.
Pourquoi Israël ?
Israël a été retenu pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le plus important investisseur de Project Better Place est un influent industriel israélien, Idan Ofer. Fait intéressant, M. Ofer possède plusieurs raffineries de pétrole en Israël. Mais il précise qu’il voit beaucoup plus grand que son pays :
« Si on s’arrêtait à Israël, je cannibaliserais mes raffineries. Je ne m’inquiète pas trop pour mes raffineries, je veux plutôt mettre sur pied une entreprise de classe mondiale. Si Israël va un jour produire l’équivalent d’un Nokia, ce sera ce projet », précise-t-il.
Fait intéressant, Edgar Sr. et Stephen Bronfman font partie du groupe d'investisseurs de Project Better Place. On y retrouve également Morgan Stanley.
De plus, les très petites dimensions du pays font en sortes que les deux millions de voitures du pays ne parcourent pas d’énormes distances. 90 % des Israéliens parcourent moins de 70 km par jour.
Le prix élevé de l’essence (1,61 $ le litre) devrait également contribuer au succès de l’option électrique, croient ses promoteurs.
Enfin, le projet peut compter des plus hautes instances politiques du pays. En effet, le Président Shimon Peres et le premier ministre Ehud Olmert appuient activement le projet.
Shai Agassi, l’entrepreneur israélo-américain de 39 ans derrière ce projet, veut donc s'inspirer de l'industrie du téléphone pour bouleverser le secteur automobile. Il sera intéressant de voir s’il gagne son pari…
Pour aller plus loin:
www.projectbetterplace.com Project Better Place
www.nytimes.com The New York Times