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Comment la MRC de Rivière-du-Loup a obtenu un pont d'or pour participer au développement éolien

Le changement d'attitude du promoteur SkyPower a permis de mettre fin à une longue querelle.

par Hugo Joncas
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Texte mis en ligne le 10 janvier 2008 à 11:52
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Comment la MRC de Rivière-du-Loup a obtenu un pont d'or pour participer au développement éolien
Comment la MRC de Rivière-du-Loup a obtenu un pont d'or pour participer au développement éolien
Le changement d'attitude du promoteur SkyPower a permis de mettre fin à une longue querelle.
Saint-François-Xavier-de-Viger - En 2006, la MRC de Rivière-du-Loup luttait pour obtenir le respect de SkyPower dans le développement de Terravents, le plus grand projet éolien planifié au Canada.
Aujourd'hui, elle accepte de travailler avec le promoteur torontois pour développer un autre projet pour l'appel d'offres de 2000 MW d'Hydro-Québec. Si la soumission est choisie, la MRC sera propriétaire du parc à 30 % !

La MRC se serait-elle finalement soumise aux diktats de SkyPower ? Non, répond le préfet Michel Lagacé. Le promoteur a tout simplement changé d'attitude.

Dans Terravents, une grande partie des éoliennes devaient être installées à des endroits où des règlements municipaux l'interdisaient. Mais dans le projet de près de 200 MW destiné à l'appel d'offres, baptisé Viger-Woodworth, l'emplacement de chaque éolienne a été déterminé en consultation avec les représentants des trois municipalités concernées : Saint-Modeste, Saint-Antonin et Saint-François-Xavier-de-Viger. " Il n'y aura aucune éolienne au nord du rang 7, là où se trouvent les plus beaux points de vue sur le SaintLaurent ", dit M. Lagacé.

Au départ, le projet prévoyait l'érection d'éoliennes exclusivement sur des terres publiques, question de faciliter l'implantation. " Mais à Saint-François, les gens nous ont dit qu'ils seraient intéressés à avoir des éoliennes sur leurs terres ", dit M. Lagacé. Dans ce village de 300 habitants, la plupart des propriétaires de lots exploitent des terres à bois. Avec la crise dans l'industrie forestière, les redevances prévues de 5 000 $ par MW sont attrayantes.

" Mon gagne-pain, c'est une terre à bois et une érablière. En ce moment, les deux vont mal, alors j'ai les deux problèmes. Le prix du bois a baissé : pour gagner le même argent, je dois en vendre beaucoup plus, dit Gino Sénéchal, un propriétaire de terres qui voudrait bien voir une éolienne ou deux érigées chez lui. Ça me permettrait de couper moins de bois. "

Bref, les redevances des éoliennes permettraient aux villageois de préserver leur capital forestier. C'est pourquoi SkyPower et la MRC ont accepté de revoir leurs plans pour prévoir l'implantation d'environ 20 % des éoliennes sur des terrains privés de SaintFrançois.

Quant aux trois municipalités concernées, elles considèrent ce projet comme une véritable manne. Chacun des 100 à 200 MW de puissance installée rapporterait 2 000 $ aux villages concernés. " À SaintFrançois, cela permettra de financer un nouveau système d'égout ", dit M. Lagacé.

Et pour la MRC, c'est de l'argent facilement gagné. Selon l'entente avec SkyPower, elle n'a rien à débourser pour prendre sa participation de 30 % et encaisser le tiers des revenus du parc, s'il est construit. L'entreprise garantit des bénéfices d'au moins 5 000 $ par mégawatt à la MRC.

Projet maudit ?

Quant à l'ancien projet de SkyPower dans la MRC, c'est le néant. L'entreprise torontoise refuse de répondre aux nombreuses questions des journalistes. Le cabinet National, mandaté pour voir aux relations publiques de l'entreprise, a aussi reçu cette consigne.

SkyPower devait construire dans la MRC le parc d'éoliennes Terravents, négocié de gré à gré avec Hydro-Québec.

Les emplacements prévus initialement pour une majorité d'éoliennes étaient incompatibles avec les règlements municipaux. Après de dures négociations avec la MRC, on a modifié l'emplacement de presque toutes les turbines sur les plans, et leur nombre est passé de 134 à 114, afin d'épargner le paysage.

Cette refonte majeure a cependant causé d'importants délais et empêché SkyPower de commencer la construction du parc de 300 millions de dollars, qui devait pourtant produire ses premiers kilowattheures en 2007.

En décembre dernier, le promoteur a dû se résoudre à racheter, au coût de 77 millions de dollars, les actions de la société en commandite SkyPower Wind Energy Fund, mise sur pied pour financer le projet.

Les porteurs de parts ont ainsi été indemnisés. Comme le chantier est interrompu depuis juillet 2006, ils avaient dû rembourser une partie des déductions fiscales obtenues en vertu d'un programme fédéral pour encourager l'investissement dans les énergies renouvelables.

Après la signature de la convention de rachat, au mois d'octobre dernier, SkyPower a indiqué au journal Le Soleil que l'entreprise n'avait pas pu obtenir les concessions nécessaires de la MRC pour que le projet soit viable.

M. Lagacé reste tout de même optimiste quant au projet Terravents, revu et corrigé. " J'ai bon espoir qu'il se réalise au printemps ", dit-il. En attendant, les pales, tours et nacelles achetées en vue de la construction attendent au port de Cacouna, depuis l'été 2006.

Ce texte est tiré du journal Les Affaires du 12 au 18 janvier 2008.

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