La Colombie-Britannique est aux prises avec deux crises importantes : celle affectant son secteur forestier, d’un côté, et les ravages causés par le dendoctrone du pin (pine beetle). Le gouvernement provincial tente actuellement de trouver une solution qui permettrait de faire d’une pierre deux coups.
Les forêts affectées par cet insecte peuvent difficilement être utilisées dans l’industrie du bois d’œuvre et du papier. Il en coûte souvent plus cher de le traiter que de le laisser pourrir.
Si plusieurs usines du secteur forestier utilisent déjà des résidus d’arbres afin de produire de l’énergie, des dizaines d’usines ont fermé leurs portes en Colombie-Britannique cette année. Alors que la demande pour ces résidus diminue, les dégâts entraînés par le dendoctrone du pin s’aggravent.
En effet, environ 170 000 km carrés sont touchés par le dendoctrone du pin dans l’Ouest du Canada : c’est la superficie de la Floride. Les températures hivernales ne sont dorénavant plus assez froides pour éliminer cet insecte, qui rend beaucoup plus vulnérables les forêts aux feux et complique leur conversion en produits de consommation.
Face à ces deux tendances, Victoria tente actuellement de mettre en place un système qui encouragerait la production d’électricité à partir du bois « grugé » par le dendoctrone du pin, énergie qui pourrait être vendue sur le réseau électrique.
Le gouvernement provincial réfléchit actuellement à la possibilité d’offrir une prime à l’électricité fabriquée de cette manière, rapporte le Globe and Mail.
Outre cette éventuelle prime, le gouvernement Campbell travaille également avec l’industrie afin de voir comment régler le problème de l’approvisionnement. Des intérêts privés sont intéressés à bâtir des centrales électriques à la biomasse, mais ils s’inquiètent de la sécurité de l’approvisionnement.
Les droits de propriété des débris forestiers sont complexes, puisqu’ils impliquent le gouvernement, propriétaire des forêts, les entreprises du secteur forestier, qui les exploitent selon des ententes précises, et d’autres entreprises qui voudraient éventuellement récupérer ces résidus afin d’en faire de l’électricité.
Le secteur des pâtes et papiers se dit d’ailleurs inquiet de l’intérêt actuel pour ces résidus, puisqu’il pourrait augmenter le prix des copeaux de bois que ces entreprises utilisent comme matière première.
Le gouvernement affirme qu’il existe suffisamment de ressources pour subvenir aux besoins des différentes industries, et que le défi est plutôt de mettre de l’ordre dans un secteur forestier durement ébranlé.
Pour aller plus loin :
www.reportonbusiness.com The Globe and Mail
www.visiondurable.com Le secteur forestier doit devenir durable, prévient Pricewaterhouse Coopers