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Des véhicules qui n'empoisonnent pas les mineurs

Le laboratoire CANMET développe des moteurs utilisant des piles à l'hydrogène plutôt que du carburant diesel

par Hugo Joncas
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Texte mis en ligne le 28 avril 2007 à 13:30
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Des véhicules qui n'empoisonnent pas les mineurs
Le laboratoire CANMET développe des moteurs utilisant des piles à l'hydrogène plutôt que du carburant diesel
Dans les mines souterraines, le développement de véhicules à carburant propre est encore plus urgent qu'en surface. Les particules fines et le monoxyde de carbone sont très dommageables pour les travailleurs, et les coûts de ventilation pour expulser ces substances hors des galeries sont exorbitants.

C'est pourquoi CANMET, le laboratoire des mines et sciences minérales du ministère des Ressources naturelles du Canada, veut remplacer les moteurs diesel par des moteurs à piles à hydrogène pour la propulsion des véhicules miniers.

" Si les véhicules miniers fonctionnaient à l'hydrogène, on pourrait diminuer la ventilation des mines de 20 à 60 %, selon les études ", dit Marc Betournay, chercheur principal chez CANMET.

En moyenne, près de la moitié de toute l'électricité consommée dans une mine souterraine sert à la ventilation. Les économies à réaliser en bannissant l'utilisation du diesel dans les mines sont donc considérables.

Le laboratoire fédéral travaille depuis 1998 au développement de la propulsion à l'hydrogène. " Nous avons commencé avec trois types de véhicules utilisés presque partout : les chargeuses navettes, les camions souterrains et les véhicules utilitaires miniers.

La chargeuse navette, qui transporte le roc du forage au point de concassage ou de chargement, est utilisé dans 95 % des mines souterraines. C'est donc sur ce véhicule que la technologie a d'abord été testée. Rien de bien complexe, selon M. Betournay : " Il n'y a pas eu de complications, dit-il. La technologie était disponible. Il suffisait de l'adapter aux véhicules miniers. "

Une chargeuse navette est déjà à l'essai en surface dans un centre de recherche de Caterpillar en Arizona. " Elle sera disponible dans trois mois pour être essayée sous terre, dans une mine du Nevada et à la mine LaRonde d'Agnico-Eagle, près de Val-d'Or.

Un véhicule utilitaire a aussi été produit en partenariat avec le fabricant de véhicules John Deere et Hydrogenics, fabricant de piles à combustible.

Deux autres problèmes à résoudre

Ce qui sera sans doute un peu plus compliqué, c'est le développement de l'infrastructure de stockage et de distribution de l'hydrogène.

C'est le prochain projet de CANMET, qui veut installer les équipements nécessaires à côté de sa mine laboratoire, près de Val-d'Or.

" L'hydrogène viendrait d'un producteur comme Air Liquide, qui remplirait notre système de stockage en surface ", dit M. Betournay. Dans les mines souterraines possédant des rampes, les véhicules pourraient faire le plein à la surface; dans les mines à puits vertical, une tuyauterie pourrait être déployée à l'intérieur du système de ventilation pour acheminer l'hydrogène sous terre.

" On prévoit commencer le projet d'ici six à huit mois, précise M. Betournay. Le géant minier australo-anglais Rio Tinto et le producteur d'uranium Cameco, de Saskatchewan, ont tous les deux indiqué leur intérêt à participer aux premiers essais en conditions réelles.

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