«Dorénavant, les promoteurs éoliens devront négocier avec les gens. On veut de l’énergie verte, mais pas au prix de la destruction de nos paysages et de notre qualité de vie», dit au site Vision Durable la mairesse du village de Saint-Luce, France Saint-Laurent.
Consultés dimanche par voie de référendum, les citoyens de ce village près de Rimouski ont majoritairement approuvé la nouvelle réglementation de zonage qui interdit l'implantation d'éoliennes à l'intérieur d'une limite de cinq kilomètres du fleuve. Il faut savoir que Sainte-Luce est située en bordure du fleuve et qu'elle bénéficie d'une vue à couper le souffle. Et qu'il s'agit d'un des villages non dévitalisés de la région qui réussit à attirer de nouveaux citoyens en raison de sa qualité de vie.
Or, l'entreprise Kruger Énergie voulait implanter 34 éoliennes de 420 pieds de haut avec des bases de 30 pieds, au milieu des terres agricoles, et à 500 mètres des résidences.
Quelque 500 citoyens ont ainsi voté en faveur du règlement de zonage, alors qu'environ 450 s'y sont opposés. Le taux de participation a légèrement dépassé 40%.
Les partisans du règlement de zonage ont fait valoir que l'implantation d'éoliennes dans le champ de vision du littoral nuirait à l'attrait touristique du village et à la qualité de vie de ses citoyens. «Ces éoliennes n'ont rien à voir avec les bucoliques moulins à vent de la Hollande. Ce sont de grosses structures, avec un effet stroboscopique sur la vision, en raison du déroulement continu des pales», nous dit la mairesse de Sainte-Luce, France Saint-Laurent.
Les prochaines élections municipales, de novembre prochain, scelleront toutefois l'issue de la bataille. De fortes pressions politiques et économiques s'exercent et continueront de s'exercer en faveur de l'adoption du projet de Kruger dans sa forme actuelle. Le préfet de la MRC s'est notamment rangé du côté de Kruger.
Il faut noter que Sainte-Luce n'est pas la seule à vouloir protéger ses paysages. Des MRC du Bas-Saint-Laurent ont déjà adopté des règlements qui interdisent l'implantation d'éoliennes à une certaine distance du littoral, soit de 4 km dans le cas de la MRC de Rivière-du-Loup et de 3 à 5 km dans le cas de la MRC Rimouski-Neigette. «C'est au gouvernement du Québec, à Hydro-Québec et à l'ensemble des citoyens de réfléchir sur les impacts des éoliennes. La réflexion est à faire!», dit la mairesse de Sainte-Luce.
Les auteurs d'un récent guide sur «l'acceptabilité sociale» des éoliennes, les professeurs Carol Saucier et Marie-Josée Fortin de l'Université du Québec à Rimouski, n'ont pas voulu répondre à nos questions sur le projet de la Kruger à Sainte-Luce.

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